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Coopération militaire : Le Burkina Faso accueille des stagiaires de l’école d’état-major de Tanzanie

Le Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy, Directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES) a animé une conférence le mercredi 1er avril au profit de stagiaires de la 40ème promotion de l’École d’état-major de la République Unie de Tanzanie.

Conduite par le Général MNKANDE Stephen, commandant de ladite école, la délégation de stagiaires qui séjournent depuis le 28 mars 2026 dans notre pays ont choisi le Burkina Faso comme destination dans le cadre de la coopération militaire africaine et du module « Affaires nationales et internationales » du cours d’état-major de la République Unie de Tanzanie. Le Général MNKANDE a déclaré que le choix du Burkina Faso est « un choix hautement stratégique » en lien le concept du panafricanisme qui a été défendu par les présidents Kwame N’Krumah du Ghana, Julius Nyerere de la Tanzanie et Thomas Sankara du Burkina Faso.

« Nous sommes donc ici au Burkina Faso afin que nos élèves officiers puissent apprendre des leçons d’ici afin d’améliorer certains aspects chez eux dans leurs pays respectifs. De même, nous pensons qu’au terme de nos échanges ici, des officiers Burkinabè peuvent apprendre de nous sur différents aspects, » a indiqué le Général MNKANDE.

Général MNKANDE Stephen, commandant de l’école d’état-major de la République unie de Tanzanie.

Partageant son expérience, le capitaine aviateur VENTER d’Afrique du Sud a indiqué avoir été marquée par la découverte de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie (BVDP) qui contribue à assurer une meilleure coordination de la lutte contre le terrorisme sur l’ensemble du territoire burkinabè.

Tous les deux s’exprimaient à l’issue de la conférence animée par le Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy, Directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES) au profit de ces stagiaires. Cette conférence a été articulée autour du rôle de la posture des institutions socio-économiques face aux défis de sécurité au niveau international.

Le Général SIMPORÉ a abordé l’impact global des menaces sécuritaires contemporaines, expliquant aux stagiaires les mutations profondes qui ne sont plus circonscrites à des zones géographiques spécifiques, mais qui affectent désormais l’ensemble de la communauté internationale sur les plans économique, sécuritaire, sanitaire et environnemental.

Le Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy, Directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES)

Le Directeur général du CNES les a ensuite instruits sur l’évolution des trois grands moments de la réponse du Burkina Faso aux défis sécuritaires. Il s’agit notamment du renouveau stratégique que le Burkina a amorcé à partir de 2017 à l’issue du forum national sur la sécurité; du changement de cap stratégique significatif intervenu en 2022 suite à l’arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, qui a réorienté la gouvernance vers de nouveaux paradigmes notamment l’endogénéité et enfin la Création de l’Alliance des États du Sahel (AES) suivie de la signature de la Charte de la Confédération AES qui constitue une mise à l’échelle de la réponse à un niveau régional témoignant de la volonté des trois États de s’unir pour une lutte plus efficace.

Le Directeur général du CNES a également souligné l’amplification des menaces asymétriques et hybrides, caractérisées par des connexions entre les acteurs de la criminalité transnationale organisée (CTO) et l’extrémisme violent. Ces menaces ont conduit à l’invalidation et à la remise en cause de certaines doctrines et concepts, provoquant ainsi des ruptures stratégiques, sociétales, politiques et militaires.

À l’issue de la conférence, les questions des stagiaires ont porté sur la coopération internationale, la solidarité dans la lutte antiterroriste et la nécessité pour l’Afrique de développer une capacité autonome de défense. Leurs interventions et les réponses apportées par le Directeur général du CNES ont rappelé l’importance du panafricanisme et de l’action collective pour préserver les intérêts vitaux et stratégiques des pays africains.

Cette conférence au profit de stagiaires africains de l’école d’état-major de la République unie de Tanzanie illustre la volonté africaine de bâtir des solutions concertées et durables face aux menaces sécuritaires contemporaines.