(Ouagadougou – 9 juillet 2026) Dans le cadre de l’approfondissement des travaux de son laboratoire « Veille stratégique-Géopolitique et Prospective », le Centre national d’études stratégiques (CNES) a organisé un atelier géopolitique. Cette rencontre a réuni des participants issus de plusieurs ministères et institutions. L’objectif de cet atelier était d’analyser les mutations de l’environnement international et d’identifier des pistes de réflexion susceptibles d’éclairer la décision publique, renforcer la souveraineté nationale et consolider les capacités d’autonomie stratégique du Burkina Faso et de la Confédération AES. La session de réflexion stratégique, consacrée aux implications stratégiques et aux perspectives découlant des crises internationales et des recompositions géopolitiques pour notre pays et la Confédération des États du Sahel, a été présidée par le Camarade Président du Conseil d’administration (PCA), l’Ambassadeur Simplice Honoré GUIBILA.
Les crises internationales, notamment la plus récente, révèlent fréquemment les vulnérabilités internes des États, en raison de l’interdépendance inhérente à la mondialisation. Ces crises incitent ainsi les États à initier ou à poursuivre leurs efforts en matière d’autonomie stratégique. Cette nécessité a motivé l’organisation d’un atelier géopolitique par le Centre national d’études stratégiques (CNES).
Dans son discours d’ouverture, le Camarade Directeur général du CNES, a souligné le retour de la primauté de la force dans les relations internationales, au détriment du droit. Le Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy a également relevé les effets connexes que sont l’intensification de la compétition de puissance, le réarmement mondial, la fragilisation du multilatéralisme, les conflits ouverts en Europe orientale, au Moyen-Orient, en mer Rouge et dans l’espace indopacifique, la militarisation de certains espaces maritimes, les tensions relatives aux chaînes logistiques mondiales, la course aux ressources critiques, et les remarquables avancées des technologies intelligentes émergentes qui façonnent progressivement un ordre international de plus en plus complexe, incertain et imprévisible.
Selon lui, face à ces nouvelles données stratégiques qui imposent aux États des exigences accrues en matière de souveraineté et d’autonomie stratégique, il est impératif de développer ses capacités de compréhension des dynamiques géopolitiques afin d’établir les fondements solides de sa résilience, de sa sécurité nationale et de sa puissance.

L’allocution du Camarade Directeur général du CNES a été suivie par l’ouverture de la session de réflexions, consacrée au thème « Crises internationales et recompositions géopolitiques : implications stratégiques et perspectives pour le Burkina Faso et l’AES ». Elle a débuté par la communication introductive du Camarade David Nelson COMPAORÉ, Chef du département géopolitique, diplomatie et relations internationales du CNES. Ce dernier a présenté les crises internationales actuelles comme les manifestations visibles d’une transformation structurelle de l’ordre mondial. Son analyse a mis en évidence quatre grandes mutations : la transformation de la hiérarchie des puissances, la transformation des espaces de compétition, l’évolution des formes de conflictualité et la recomposition des partenariats internationaux.

À l’issue de la communication introductive, un panel a été animé par des experts du Bureau d’Analyses Stratégiques (BAS) du Ministère des Affaires Étrangères (MAE), de l’Agence burkinabè de l’investissement et de la promotion des exportations (ABIPEX), de la Direction générale des douanes (DGD) et du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC). Ces experts étaient respectivement les Camarades San Simon COULIBALY, Christian KABORÉ, KINDA Bakary et Olivier KABORÉ, qui ont chacun partagé le fruit de leurs analyses avec les participants. Leurs interventions ont permis d’appréhender les conséquences concrètes de ces mutations dans les domaines diplomatique, économique, commercial, douanier et logistique.

L’Ambassadeur San Simon Coulibaly du BAS/MAE a analysé les implications des crises internationales sur le Burkina Faso et l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour lui, l’AES, un espace qui s’affirme sur la scène internationale tout en occupant une place centrale dans la sous-région, est désireux de coopérer en toute souveraineté avec le reste du monde.
Quant au Camarade Christian Kaboré, chef de service des manifestations et des missions commerciales à l’ABIPEX, il a préconisé la poursuite de la diversification verticale des produits afin de proposer des articles sains et de qualité aussi bien aux Burkinabè qu’au marché extérieur.
L’Inspecteur principal des Douanes, le Camarade KINDA Bakary, Chef de service d’études et de conformité juridiques à la Direction de la réglementation, de la facilitation et de la coopération douanière à la DGD, a également contribué aux échanges. Comme le démontre l’actualité, il a relevé la résilience remarquable de la Douane du Burkina Faso face aux défis des crises à répercussions mondiales qui nécessitent à la fois un contrôle et une maîtrise rigoureux des flux commerciaux notamment les flux stratégiques sur le territoire national afin d’éviter tout usage détourné protégeant ainsi les industries nationales et contribuant ainsi à la préservation de la souveraineté économique du pays.
Le Camarade Olivier KABORÉ, Directeur de l’Observatoire des Transports du CBC d’abord relevé certaines de ses missions qui consistent à garantir un approvisionnement régulier du pays en marchandises diversifiées dans les meilleures conditions et au coût le plus compétitif, ainsi qu’à œuvrer à la compétitivité des produits d’exportation burkinabè sur les marchés extérieurs.
Afin d’atténuer les risques liés à la dépendance aux ports, il a fait part de l’impératif de repenser les stratégies d’approvisionnement et de logistique, notamment en adoptant une approche de « new sourcing » visant à diversifier les sources d’approvisionnement ainsi que la mise en œuvre d’une stratégie de « buffer management » qui permet d’optimiser la gestion des stocks en évitant les retards du système à l’origine les délais manqués. Pour ce faire, il suggère l’adoption d’une agilité intermodale comprenant un retour progressif vers le rail, mode de transport plus sécurisé.

Les travaux ont également souligné que la fine compréhension des dynamiques géopolitiques constitue désormais un levier essentiel de souveraineté, de sécurité et de développement. Dans cette perspective, les participants ont recommandé le renforcement des capacités nationales de veille géopolitique, de prospective et d’analyse stratégique, tout en appelant à une coopération accrue au sein de la Confédération AES afin de consolider son autonomie stratégique et sa capacité d’action collective.
A travers cette initiative, le CNES réaffirme son rôle de laboratoire national de réflexion stratégique et d’aide à la décision. En favorisant le dialogue entre décideurs, experts et praticiens, il contribue au développement d’une culture de l’anticipation indispensable pour permettre au Burkina Faso de mieux appréhender les mutations de l’environnement international et de transformer les défis géopolitiques en opportunités de résilience, de souveraineté et de développement.
Au terme des travaux, le Directeur général du CNES a salué la richesse des contributions et la qualité des échanges qui ont permis de dégager des orientations stratégiques concrètes. Ces réflexions constituent une base utile pour la production d’analyses et de notes d’aide à la décision destinées à accompagner les autorités dans la compréhension d’un environnement international en transformation.














