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Rentrée de la première promotion de l’École de Guerre : une nouvelle étape dans la construction de l’autonomie stratégique du Burkina Faso

Avec le lancement officiel des activités de l’École de guerre de l’Institut d’enseignement militaire supérieur Tiéfo Amoro (IEMS-TA), le Burkina Faso franchit une étape majeure dans la construction de son autonomie stratégique. Un an après l’inauguration de l’institut et la rentrée des premiers stagiaires du cours d’état-major, le pays inaugure désormais le niveau supérieur de la formation militaire, marquant une avancée significative dans la vision du Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, d’ériger un appareil de défense pleinement souverain.

La cérémonie officielle de la rentrée de l’École de guerre de l’IEMS-TA a été présidée par le Camarade Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO en présence de plusieurs membres du gouvernement et la hiérarchie militaire. Au-delà de la formation académique, l’École de guerre de l’IEMS-TA se veut le creuset de la pensée stratégique nationale et un levier majeur pour renforcer la souveraineté du Burkina Faso. Le Chef du gouvernement a marqué la disponibilité de l’exécutif à fournir les moyens nécessaires pour hisser l’institution militaire au rang de référence sous-régionale, continentale et internationale. 

« C’est aussi l’occasion de rassurer l’ensemble des acteurs que le gouvernement est engagé à leurs côtés pour mettre à la disposition de cette école les moyens à la hauteur de ses ambitions, » a déclaré le Premier ministre avant de souhaiter plein succès à ces premiers auditeurs qui ont le privilège aujourd’hui d’être les premiers à bénéficier de la formation à l’école de guerre ici dans notre pays. Pour lui, il s’agit d’un acte majeur dans le cadre de la dynamique d’opérationnalisation entière de cet institut qui porte en elle les ambitions d’une approche souveraine du Burkina Faso en matière de défense et de sécurité.

Le Camarade Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUÉDRAOGO a présidée la cérémonie de la rentrée de la première promotion de l’École de guerre de l’IEMS-TA.

Une ambition portée par des institutions militaires d’excellence

Dans son discours de bienvenue, le Camarade Colonel-major COULIBALY Céleste Joseph Moussa, commandant de l’IEMS-TA, a souligné que cette école incarne la poursuite naturelle de la refondation de l’outil de défense national. Pour ce faire, l’école intègre déjà des innovations pédagogiques endogènes tout en tirant parti de l’alliance entre la pratique militaire et le monde universitaire. La formation continue de ces élites militaires est assurée par des experts militaires et des universitaires.

S’adressant aux instructeurs militaires et civils et professeurs d’universités dont la mission dépasse de loin la simple dispense de cours et de transmissions académiques, le Camarade Commandant de l’institut a invité ces « forgerons de la pensée militaire souveraine du Burkina Faso » à ne ménager aucun effort tout au long de leur formation pour faire d’eux à la fois des stratèges et des stratégistes. 

Quant aux auditeurs, tout en leur souhaitant un fructueux stage, le Commandant de l’IEMS-TA leur a indiqué que le pays n’attend pas d’eux qu’ils soient de « de simples diplômés » mais des produits finis à la hauteur des ambitions des plus hautes autorités. 

Les auditeurs de la première promotion de l’École de guerre de l’IEMS-TA.

« En août 2027, leur commande-t-il, vous devez nous prouver que vous êtes des officiers stratèges capables d’analyser un environnement complexe et volatil, des professionnels polyvalents, résilients et experts du socle doctrinal national et maîtres de la planification stratégique et opératif capables de concevoir une campagne et de traduire une orientation politique en manœuvre militaire, des chefs aptes à évoluer avec aisance dans des environnements interarmées et interministériels anticipant même sur les ruptures géopolitiques et militaires et des conseillers capables de parler au commandement militaire et au niveau politico-stratégique avec une franchise absolue et une rigueur scientifique. »

Le Camarade Colonel-major COULIBALY Céleste Joseph Moussa, commandant de l’IEMS-TA.

Prononçant le discours officiel de lancement de l’École de guerre de l’Institut d’enseignement militaire supérieur Tiéfo Amoro, le Camarade Général de division DIALLO Moussa, Chef d’état-major général des armées (CEMGA), a insisté sur la nécessité pour la Nation de disposer d’un cadre de formation endogène, capable de penser sa propre défense et de concevoir des réponses adaptées aux réalités du contexte sahélien. L’objectif, a-t-il indiqué, est de former des officiers à la fois stratèges et praticiens, capables de transformer rapidement la connaissance en décision et la décision en action.

Pour le CEMGA, une nation qui aspire à assurer durablement sa sécurité doit être capable de penser elle-même sa défense, d’analyser son environnement stratégique, de comprendre la transformation du monde et de concevoir les réponses adaptées à sa propre réalité.

Pour ce faire, il a instruit les instructeurs à étudier et enseigner les succès engrangés sur le terrain sans omettre de décortiquer et analyser les difficultés « non pas pour rechercher les responsabilités individuelles mais pour comprendre les mécanismes qui permettront de progresser collectivement » avec pour but ultime faire de l’IEMS-TA, un lieu où l’expérience opérationnelle rencontrera la recherche, un lieu où les leçons tirées du terrain nourriront la réflexion stratégique délivrant ainsi une formation holistique ouverte à l’intersectoriel, à la coopération, une vision globale de la Sécurité nationale et une ouverture au monde avec de futurs brevetés rompus aux enjeux du monde contemporain. 

En posant les fondations d’une capacité nationale à « penser la paix et conduire la guerre », a-t-il conclu, le Burkina Faso affirme sa volonté d’entrer dans une nouvelle ère de maîtrise stratégique et de puissance souveraine.

Le le Camarade Général de division DIALLO Moussa, Chef d’état-major général des armées (CEMGA) prononçant le discours officiel de la rentrée de la première promotion de l’École de guerre.

Former une nouvelle génération de stratèges

A l’issue de la cérémonie d’ouverture, les premiers auditeurs à franchir les portes de l’École de guerre de l’IEMS-TA ont participé à la Conférence inaugurale délivrée par le Camarade Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy, Directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES). Il a entretenu les auditeurs de l’École de guerre de l’IEMS-TA autour du thème « L’officier breveté de l’IEMS-TA face aux nouveaux enjeux géopolitiques au Sahel : entre exigences capacitaires classiques et renouveau stratégique pour une défense nationale du Burkina Faso et une défense collective de l’AES efficaces. » 

Pour ce faire, le Général SIMPORÉ a structuré son intervention autour des dynamiques d’évolution et des marqueurs stratégiques structurants de l’environnement stratégique mondial, puis les enjeux, défis et fondements d’une défense nationale et collective efficace du contexte géopolitique régional et sahélien. Pour finir, il a replacé l’officier breveté face aux nouveaux enjeux géopolitiques du Sahel.

Le Camarade Général de brigade SIMPORÉ Aimé Barthélemy, Directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES) a délivré la conférence inaugurale de la rentrée académique de la première promotion de l’École de guerre de l’IEMS-TA.

D’entrée de jeu, il a instruit aussi bien l’encadrement que les stagiaires sur l’ingénierie des écoles de guerre qui consiste en de la théorie et de la pratique dans le cadre de la scolarité dont une grande dimension de l’enseignement porte sur la capacité du militaire à pouvoir lui-même produire de la réflexion afin de ne pas sortir des contextes au risque de ne faire que de la science stratégique là où l’officier se doit d’être à la fois stratège et stratégiste. 

Tout au long de son adresse à ces futurs brevetés, le Général SIMPORÉ s’est amplement attardé sur la notion du contexte et sur l’exigence d’un renouveau stratégique qui doit être une émanation de l’analyse des enjeux nouveaux qui structurent non seulement le monde mais davantage notre contexte sahélien. 

Ainsi, face à la démarcation entre défense et sécurité intérieure qui s’estompe devenant même une sorte de ligne grise avec son corollaire qu’est la transnationalisation des menaces, il a relevé la nécessité pour les États, d’avoir une passerelle de collaboration et de coopération pour avoir de l’efficacité comme c’est le cas avec l’Alliance des États du Sahel (AES) « une donne politique structurante » qui invite les Sahéliens en général et les officiers brevetés en particulier à comprendre les connexions qu’il faut faire entre la défense nationale et la défense collective dans le cadre de l’opérationnalisation de la force unifiée contre le terrorisme. 

Avant de clore la conférence, le Directeur général du Centre national d’études stratégiques a renvoyé l’encadrement et les auditeurs face à leurs responsabilités tout en insistant sur la synergie doctrine-entraînement-engagement-retex-doctrine, ce pari vertueux que les armées africaines doivent s’efforcer désormais de tenir.

Avec la rentrée académique de la première promotion, l’École de guerre de l’IEMS-TA ouvre ainsi une nouvelle séquence de la formation militaire supérieure au Burkina Faso, avec l’ambition de contribuer à la préparation d’une nouvelle génération d’officiers aptes à analyser, anticiper et répondre aux évolutions de l’environnement stratégique national, régional et international.

SCRPC / CNES